Feeds:
Articles
Commentaires

Posts Tagged ‘arnor’

 

Tharbad

Tharbad

Les vestiges d’une porte majestueuse s’élevaient devant le convoi. C’était une sorte de grand bastion bâti légèrement en dehors du mur d’enceinte couronné d’archères et de mâchicoulis dans un tel état de délabrement qu’ils ne servaient certainement que de refuge aux hirondelles. Je distinguai à peine sur les fortifications d’anciens motifs numénoréens. L’étoile symbolisant l’Elendilmir se dessinait évoquant l’ancien royaume d’Arnor. Une pensée réconfortante me frôla tandis qu’un parfum de fleurs printanières envahit mes narines. C’était Hiragil qui revenait les bras chargés d’un bouquet champêtre, le sourire aux lèvres. La porte était toujours fermée, les deux lourds battants étaient de construction récente. Nul motif ne les embellissaient, ils était lourds et fonctionnels.
– C’est une belle journée ! La ville à l’air immense. Je ne m’attendais pas à ça. Tiens prend ce bouquet il est pour toi – dit elle en me tendant les fleurs, l’oeil irisé par l’éclat du soleil qui s’élevait doucement dans le ciel.
– Merci, elle sont magnifiques – Je m’attardai quelques seconde sur le visage d’Hiragil qui resplendissait. Elle avait accroché quelques petites fleurs blanches tissées en guirlande dans ses cheveux blancs. Des fleurs d’Athelas qui parfumaient sa chevelure. Il y en avait aussi dans le bouquet que je tenais dans les mains. J’eu un sourire devant ce signe. Nous nous tenions devant une ancienne ville numénoréenne et l’Athelas, l’herbe des roi y poussait toujours. Hiragil avait naturellement trouvé et aimé cette plante. Avait elle en son sang un peu de cette ancienne noblesse ?
– Alors tu vas rester longtemps la bouche ouverte à me regarder ? Aide moi à monter sur le chariot je crois que les portes s’ouvrent.
– viens- dis je en lui tendant la main et en riant. Ta beauté m’a ébloui. Sais tu quelles sont ces fleurs que tu portes en couronne ?
– non, elles sont jolies hein ? Tu n’aimes pas ? J’aime leur parfum, sens !  me dit elle en plaquant ses cheveux sur mon nez.
– Tiens toi, la caravane avance. Allez prends les rennes, je passe derrière.
Hiragil se saisit des rennes et mis en branle le charriot tout en m’adressant un clin d’oeil.

Tharbad était déroutante. Des bâtisses anciennes et imposantes côtoyaient des ruines et des tentes. Les rues grouillaient, des hommes en armes croisaient des enfants qui courraient et des femmes portant de lourdes charges. Beaucoup semblaient être des mendiants ou des réfugiés, la maigreur et les blessures qu’ils affichaient ne laissaient aucun doute sur leur condition et leur souffrance. L’odeur était à la limite du supportable dans certaines rues. La caravane s’arrêtait de temps en temps pour négocier un passage. J’appris que la ville était divisée en différents territoires chacun avec sa propre gouvernance, la caravane devait s’acquitter des divers droits de passage et des vérifications d’usages. Nous eûmes ainsi le droit à un lot de fouilles et de remarques douteuses provenant de bouches avinés au sourire édenté. Je vis plus d’une fois les mâchoires d’Hiragil se crisper sous le contact d’une main trop curieuse. Heureusement Issil veillait aussi avec deux de ses compagnons, l’arme ostensiblement visible et son regard froid fixé sur les gardes. Le séjour promettait d’être difficile.

©Technochrist

©Technochrist

Read Full Post »

%d blogueurs aiment cette page :