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Tharbad

Tharbad

Tharbad, la croisée des chemins en Sindarin, était à l’origine un immense gué sur la Gwathlo qui transformait les alentours en marécages à certaines périodes de l’année, havre des cygnes majestueux que nous, eldars, avions baptisé Nin en Eilph, le port des cygnes, avant de devenir Tharbad, la ville portuaire et une des principale garnison des Numénoréens. Tharbad nous évoquait aussi l’histoire de la rencontre d’Aldarion avec Galadriel. Mais c’est au début du Troisième âge, que Tharbad devint un vrai port accueillant les navires numénoréens et que fut bâtit, par les hommes et les nains, ce gigantesque pont qui enjambait la rivières et les marécages. Tharbad devint ainsi un centre de passage, de commerce entre le sud et le nord, refuge sur la Grande Route Royale reliant les deux grand royaume numénoréens. Tharbad reflétait la puissance et l’opulence des Numénoréens qui s’étaient imposés de force dans la région, matant les tribus Dunlendings. Elle rayonnait sur tout le sud du Cardolan.

Mais Tharbad fut victime de la Grande Peste au milieu du 3eme age qui ravagea le royaume de Cardolan et le Gondor. C’est après ce terrible moment, que Tharbad déclina rapidement. La route royale fut négligée, les brigands affluèrent de plus en plus et les tribus dunlendings récupérèrent leur autonomie. C’est une inondation après un grand hiver qui ruina définitivement Tharbad. Son pont majestueux, âme de la ville, n’y résista pas et une partie des fortifications tombèrent. Le marécage repris ses droits et les cygnes revinrent occuper la région qu’ils avaient désertée sous la pression des Numénoréens défricheurs. On raconte que la ville se reconstruit doucement, occupée aujourd’hui par les hommes, que des barons et maitre de guilde, brigands et commerçants se disputent le pouvoir, qu’on y négocie toutes sortes de choses mêmes les hommes. On y fait fortune aussi vite qu’on perd la vie. La nuit, il n’est pas rare d’entendre des râles agonisants ou le son métallique des lames qui dansent.
Tharbad est riche et dangereuse, et propice au développement de bas instincts nourris par les espions de l’Oeil qui y voit une terre fertile et intéressante. Je comprenais l’appréhension d’Issil et ses nécessaires mises en garde. La prudence était de mise, beaucoup plus qu’ailleurs. Les caravanes étaient rarement prises à partie car elles ravitaillaient la ville mais pas les incidents regrettables qui s’abattaient sur des marchands peu chanceux.
Je regardais la silhouette de la ville se découpant dans la nuit, mystérieuse et menaçante. J’inspirais profondément en pensant qu’il faudrait que je me mêle une fois encore aux hommes en évitant qu’ils ne découvrent ce que je suis. La caravane était alignée, le soleil allait bientôt apparaitre à l’horizon, je rabattis ma capuche sur mon visage tandis qu’Hiragil mettait en branle le chariot en faisant claquer le fouet.

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« Certains étaient allés dans le Nord au-delà des sources de la Fontgrise, jusque dans les Landes d’Etten ; et d’autres, vers l’Ouest, avaient exploré, avec l’aide d’Aragorn et des Rôdeurs, les terres tout le long du Flot Gris jusqu’à Tharbad, où la vieille Route du Nord traversait la rivière près des ruines d’une ville. » Le Seigneur des Anneaux – Livre II – Chapitre 3

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© Raphael Lacoste

© Raphael Lacoste

 

Ils vinrent avec les frimas
Avec le Rude Hiver et la pluie perfide
Et l’on entendait leurs pas
Caressant les terres humides

 Ils sont venus pour un soupir
Ils étaient trois
Ils sont venus le recueillir
Un vieux moine, une ombre et un roi

…. (1)

 

Les yeux perdus dans le feu qui crépitait et s’élevait vers la lune, pleine et rousse, je caressais les cordes de mon luth en chantonnant une vieille chanson évoquant la chute de Tharbad.  La caravane approchait des murs de la ville et Berend semblait plus nerveux. La ville avait mauvaise réputation et ses alentours aussi. Des histoire de bandes de pilleurs, de marchands d’esclaves, et autres se racontaient depuis ce matin dans les rangs des marchands. Chacun allant de son histoire pour faire peur ou frémir les autres. La tension était palpable sous les rires trop forts. La caravane s’était disposée en cercle sur une colline qui surplombait les alentours marécageux. Berend avait disposé des torches aux abords afin d’éclairer le campement. Je remarquais qu’Issil portait son épée que je lui avais forgée et qu’il avait enfilé sous sa chemise un pourpoint de cuir renforcé. La caravane comptait de nombreux hommes et notre campement bien situé était suffisamment bien défendu pour qu’une bande viennent s’y risquer, mais je ne connaissais pas la région et d’après Issil, il fallait être extrêmement prudent. Je n’avais remarqué aucun guetteur le long de notre route ni vu quoi que ce soit qui me laissa présager une quelconque embuscade. Mais la nuit apporte toujours sont lot d’ombres dans les esprits, le mien semblait aussi touché et je me demandais pourquoi.
Issil s’était rapproché de Berend et discutait sérieusement avec lui. Je distinguais les yeux de Berend intrigués mais qui acquiesçaient en même temps. Et je vis aussi son regard jeter brièvement un oeil vers moi comme s’il voulait s’assurer d’une intuition. Je me demandais ce qu’il pensait à mon sujet et dans quelle mesure pouvait on lui faire confiance. Hiragil se posa près de moi
– Tout le monde semble nerveux, me dit elle à voix basse. Même Issil semble sur ses gardes.
– mmh
– Je n’aime pas trop ça, je vais voir ce que raconte Issil.
Elle se leva, toujours aussi vive et ne tenant pas en place, elle se dirigea vers Issil avec sa démarche chaloupée qu’aucun regard autour du feu ne rata. Je souris à la pensée de passer inaperçu au sein d’une caravane de marchands avec Hiragil… Je décidais de chanter l’histoire d’Aldarion sixième roi de Numenor.

(1) traduction légèrement modifiée de  Trè d’A Filetta (voir lien youtube sur le blog)

sceau de Sharilaa

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La table était couverte de cartes, de parchemins et de livres anciens, à tel point qu’elle semblait prise d’assaut. Les rouleaux se pressaient contre d’énormes volumes, les flammes des bougies telles des tours de guets faisaient danser une armée d’ombres et je m’activais autour comme un général haranguant ses troupes.

Le Cardolan était le centre de mes préoccupations. Une vaste terre sans roi, divisée dont on ne recevait que de rares nouvelles, souvent contradictoires mais toujours inquiétantes.
Hiragil m’avait suggérée de rejoindre Long Daer, l’ancienne cité Numénoréenne proche de l’antique Vinyalondë. Vinyalondë…. batie par Aldarion(1). Je me souvenais des histoires qu’on me chantait enfant. Les reste de cette cité avaient permis à Tar-Minastir et sa puissante armée de débarquer et d’arriver à temps pour soutenir Gil-Galad (2).
Ainsi Hiragil avait peut être raison, Long Daer avait vu les hommes se joindre aux eldars dans leur combat contre Sauron. Y trouverais je quelque chose ? Je décidais de me fier à son instinct.
Mais avant ça, je devais récupérer des informations sur le Cardolan et établir le meilleur chemin pour parvenir sur la côte. Deux voies s’ouvraient : Descendre la Brandevin puis longer Eryn Vorn et traverser les vastes plaines de Minhiriath. Ou partir de l’Eregion, suivre la Gwathlo en passant par Tharbad et rejoindre ainsi Suduri et Long Daer.

Le premier chemin était long et nous obligeait une grande traversée de plaines sans arbres en espérant pouvoir être accueilli dans les divers villages ou forteresses comme Barad Eden, Minas Emrys, et à travers les divers clans de cette régions. Les plaines étaient sillonnées d’innombrables cours d’eau ce qui lui valait son appellation. Nous serions vite reconnaissables comme étant étrangers dans ce territoire déserté et impossible donc de voyager en toute discrétion. Sans compter que les abords d’Eryn Vorn m’inquiétaient.
L’autre était simple, nous laisser glisser le long de la Gwathlo mais nous devrions traverser Tharbad et ses marais inondés au printemps. La route était empruntée par des marchands pour rejoindre les différentes forteresses et villages le long du fleuve. Mais le voyage n’en restait pas moins dangereux, mercenaires, agents, et pilleurs étaient légions. Tharbad était même d’après certains échos sous le jougs de brigands. Par contre nous pourrions prendre l’allure de marchands et espérer nous fondre parmi eux. Le choix était difficile.
Peut être aussi devrais je partir seule, deux femmes sur les routes éveillent les soupçons et aussi l’envie… Seule je pourrais me fondre plus aisément dans mon environnement et voyager plus vite. Mais Hiragil n’apprécierait certainement pas.
Je devais en connaitre plus sur cette région, aussi bien sur sa flore et sa faune que sur sa politique. De plus ces terres étaient aussi sillonnées par les agents de Sauron et du sorcier d’Angmar. Je devais m’assurer de notre route mais aussi des moyens de nous mettre à couvert ou de trouver refuge si besoin était. Issil devait aussi connaitre du monde dans cette région. Il avait patrouillé pour le Gondor à l’Est du Cardolan. Il fallait que je le rencontre pour en parler.

Les deux mains sur la table, penchée sur les cartes, je regardais ce vaste territoire inconnu. Où passerais je ? Que me réservait il ? Et les ombres continuaient leur danse inquiétante comme autant d’avertissements.

(1) « Et naviguant le long des côtes vers le sud, il s’émerveilla à la vue des forêts de haute futaie ; et à l’embouchure de la rivière que les Númenóréens avaient surnommée Gwathir, la Rivière de l’Ombre, il fonda Vinyalondë, le Nouveau Port. » Contes et légendes inachevés : le Second Âge – Aldarion et Erendis

(2) « Le premier signe de l’Ombre qui devait offusquer Númenor survint sous le règne de Tar-Minastir, onzième Roi. Ce fut lui qui manda une puissante armada au secours de Gil-galad. Il aimait les Eldar, mais il les jalousait. » Le Seigneur des Anneaux – Appendice A

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