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La joubarbe

jourbarbe

Je profite de l’arrivée du printemps et du soleil pour rouvrir l’herbier des Terres du Milieu. Continuons donc notre voyage dans le jardin d’Arda, l’Ithilien.

Dans ses vallées chaudes, abritées par l’Ephel Duath à l’est et l’Emyn Muil au nord, baignées par la brise méridionale, l’Ithilien accueille de nombreuse plantes et pami elles arrêtons nous sur la Joubarde.

Les joubardes (il en existe plus de 4000 variétés) vient de Jovi barba, la barbe de Jupiter certainement à cause de sa relation avec la foudre (les romains pensaient qu’elle l’éloignait). Ses feuilles évoquent l’artichaut et ses fleurs qui s’épanouissent en été sont rouges, roses ou jaunes selon les espèces. Elles sont très résistantes et sont très facilement cultivables car elles ne nécessitent quasiment aucun soin.
Les joubardes sont cultivées depuis l’Antiquité et possèdent de nombreuses vertus dont celle d’éloinger la foudre pour les romains, les mauvais esprits de la maison pour les Scandinaves, on en trouvait sur les toits et sur nombres d’églises et cathédrales gothiques sculptées de fleurs de pierres.
Ses feuilles servaient à soigner les blessures mais aussi comme aphrodisiaque.

«Les grottes  et les murs rocheux étaient déjà étoilés de saxifrage et de joubarbe. Des primeroles et des anémones s’éveillaient dans les fourés d’aveliniers : et l’asphodèle et les lis en grand nombre dodelinaient de leur tête à demi ouverte dans l’herbe : une herbe verte et épaisse à côtés des mares où les ruisseaux dégoulinants suspendaient dans les creux frais leur course vers l’Anduin»

Le Seigneur des Anneaux –  Livre IV chap 3

Les mémoires d’Estel

Un nouveau forum centré sur la communauté RP d’Estel s’est ouvert depuis deux mois dont le but affiché est de remplacer le defunt Estel RP. On y trouve la présentation de personnages RP, de confréries RP, d’informations, des aides au roleplay, des annonces, des discussions…. bref tout ce dont a besoin une communauté centrée sur le RP de Tolkien afin de soutenir la communauté de joueurs qui porte le rp sur lotro.

L’initiative est salutaire car Lotro ne se réduit pas aux instances et aux raids, loin de là, le développement et le soutient au RP est essentiel pour animer le serveur et proposer du contenu via des événements. Donc n’hésitez pas à aller y jeter un oeil et y participer. Je souhaite bonne chance aux Memoires d’Estel.

>Les mémoires d’Estel

Last_Remaining_Light_by_froggynaan

La tête baignée dans le vent frais, parfumé par les lauriers en fleurs et l’odeur douceâtre de la terre humide, je souriais ne pensant a rien, voguant loin, très loin, apaisée de me sentir libre, hors de la ville. La caravane avançait doucement, les marchands heureux d’avoir fait quelques affaires et encore plongé dans la frénésie des marchés en profitaient pour discuter et raconter leurs affaires. Je me laissais ballotter par le chemin mal entretenu serpentant entre de petites collines sur lesquelles on apercevait de temps à autre des petits troupeaux de moutons non loin de vieilles bergeries isolées. Je lachais prise, la musique du vent me portait vers de vieux souvenirs je me revoyais accompagnant les ambassades de Thranduil à travers les plaines de l’Ithildien, vers le Gondor. J’aimais ces longs voyages sereins. Au loin me parvient la voix d’Hiragil :

– Sharilaa ? tu m’écoutes ? Sharilaa ?!
– oui ? euh non excuses moi, je rêvais…
– pfff tu rêves tu rêves… je te parlais de Berend. Alors tu ne m’as pas dit ce qu’il s’est passé avec lui ?
– qui ? ah oui.

Jetant un oeil sur la caravane, je l’aperçu devant accompagné par un homme d’arme et discutant. Il m’avait surprise alors que je filais Hiragil accompagné par ce vieux marchand suffisant.
– Eh bien, je crois qu’il se doute de quelque chose. Je ne l’ai pas remarqué quand il s’est interposé entre moi et ce petit voleur du marché. Il m’as surprise la dague à la main et son sourire en disait long. Il a noté mon accent… bref je crois qu’il se doute que nous ne sommes pas une gentille petite famille de commerçant, et je le soupçonne d’avoir des vues sur toi ou quelque chose derrière la tête. C’est un solitaire, il parle peu mais n’hésite pas à se mêler des affaires des autres. Remarque c’est normal peut etre en tant que chef de la caravane et assurant sa sécurité.
– Des vues sur moi ?

Je tournais la tête vers elle en la regardant d’un air narquois.
– Ne fais pas ton étonnée. Tu as semé des braises dangereuses dans chaque coeur solitaire qui n’attendent que de pouvoir se réchauffer. Tu as été trop insouciante et trop légère….
– mmffff… je n’ai fait que mettre un peu de bonne humeur. Et puis c’est toi qui a mis en danger notre couverture en sortant ta dague, je te rappelle.
– Oui… je hais ces villes d’hommes pleines de violences, de goujats, d’envieux, de voleurs de bruits et toutes ces odeurs infectes… Comment faites vous pour supporter tout ça ?
– C’est la vie ! La vie est bruyante, grouillante, sans états d’âmes, dangereuse et c’est tout son charme.
– mmh… je rêve de galoper dans la plaine, sentir le vent frais fouetter mon visage. Je ne sais pas si je vais supporter toutes ces haltes dans les villes.

Issil, nous écoutait silencieusement et pris soudain la parole.
– La prochaine risque d’être autrement plus mouvementée. Tharbad n’est pas une petite bourgade provinciale. Il y a du monde et beaucoup sont dans les affaires si ce n’est tout le monde. Même la garde et les notables sont de sacrés filous. Il va falloir faire attention. Il ne faut surtout pas qu’on s’aperçoive de ton origine. Cela te vaudrais des ennuis. On raconte que les elfes sont des marchandises de premiers choix pour certains.

Je lui décochais un regard dégoutée et emplie de tristesse.
– vraiment ?! Comment cela est il possible ?
– Le monde change, les hommes dessinent l’avenir et s’emparent de tout. Ils deviennent arrogant et certains n’ont peur de rien, même des elfes.
– Mais… je me tus, préférant ne pas penser à tout cela.

Hiragil me sondait de son regard pâle.
– Nous ferons attention et notre but en vaut la peine. Je suis sûr que ce voyage nous apportera ce que nous cherchons. Et bien mal avisé celui qui tenterait une quelconque action contre nous. Nous sommes des combattants, hein Issil ?
– Oui, ça nous le sommes. Mais restons prudents.

Mes pensées me rattrapèrent et je les laissais continuer à discuter, leurs voix s’éloignaient jusqu’à n’être qu’un murmure tandis que je plongeais à nouveau dans mes souvenirs de voyages. Le Soleil déclinait doucement transformant le jour en lumière dorée dont les rayons précieux découpaient la lande. Les ombres marquées s’allongeaient, grignotant de plus en plus la plaine de ses longs doigts. Dans le ciel d’un bleu profond, les nuages s’étiraient en de longs drapés et se teintaient de rose, signe de vent. Une brise fraiche fit voler mes mèches brunes.

sceau de Sharilaa

En allant à tharbad (9)

Dragon_Age_Stuff__Merchant_by_Mancomb_Seepwood

Toujours serrée contre son amie, Hiragil reprit d’une voix faible. Puis à mesure qu’elle retrouvait son calme, sa diction s’affermissait.
« Il faisait chaud au marché. J’ai eu très soif sans jamais pouvoir me désaltérer. Il n’y avait pas le temps. Les marchandises sont reines sur un marché et les marchands ne savent vivre que par elles.
Quand moi je vois une pomme sur un étal,0 les gens comme Alternadh ne voient qu’une pièce qui attend bêtement d’entrer dans une poche, et la leur de préférence. La taille ou la valeur de la pièce en question n’a pas d’importance.
J’ai constaté qu’il y avait plusieurs genres de vendeurs. Il y a d’abord les marchands, qui vendent le produit de leur travail. Il y a ensuite les commerçants, qui achètent aux premiers puis revendent avec un bénéfice. Pour eux, les marchands sont des outres à presser et ils veulent vendre le plus vite possible quitte à faire de petits bénéfices. Il y a enfin les négociants, qui contrairement aux deux premiers, ne limitent pas leur activité à un seul marché et investissent des sommes plus importantes sur un temps plus grand avec des bénéfices en proportion.
Les marchands sont là pour vendre une cargaison dans la journée. Avec eux il est possible de parler de la marchandise, parce qu’ils la connaissent et en sont fiers. Ce sont eux aussi qui fixent indirectement les prix du marché par la relative abondance ou pénurie d’un bien. Avec eux il est possible de négocier un prix, pour peu qu’on leur montre un peu de considération et d’intérêt pour leur art. Ce sont des gens chaleureux et humains.
Mais pour les deux autres, c’est différent. Ce sont des prédateurs à l’affût de la moindre opportunité de plumer une proie. Si nous fréquentons les mêmes endroits qu’eux, si nous respirons le même air qu’eux, nous ne vivons pas dans le même monde. Ce sont plutôt ces gens là qui voyagent dans les caravanes le long de la route verte ou de la route rouge. Ils prennent de gros risques pour aller dans des contrées lointaines et espèrent bien être payés en retour. Ils sont plus rationnels qu’émotionnels. Et s’ils veulent quelque chose, ils l’obtiennent, toujours. Parce que pour eux, l’argent n’est pas nécessairement une barrière, c’est juste un obstacle ou un moyen de leur volonté. »
Hiragil se cala tout contre Sharilaa, la tête sur son épaule.
« J’ai froid, réchauffe moi.
En fait j’ai eu froid dans ce marché suffocant, toute la journée. Juste avant de rentrer, j’ai bu une soupe qui m’a un peu réchauffée, non parce qu’elle était savoureuse ou simplement parce qu’elle sortait juste du chaudron, mais parce qu’elle était nourricière, partagée, utile.
Alternadh vit dans un monde froid et superficiel. Ce qu’il m’a montré est beau certes, mais ne vaut pas le sang de ceux qui meurent pour défendre ces terres. Et puis j’ai compris que j’étais sa proie. Il m’a regardée avec la même envie qu’une pièce d’étoffe du Harad. C’est très désagréable et gênant. Alors j’ai commencé à parler moins et réfléchir plus.
J’ai repensé au début du voyage et à cette disparition inexplicable. J’aimais bien bavarder avec ce bouvier dont je ne connaissais même pas le nom. Il était souriant et me parlait avec une certaine poésie de la ferme où il avait grandi. J’appréciais sa compagnie, simple et vraie.
Ma supposition est qu’il est entré en conflit avec d’autres, enfin au moins Alternadh pour moi qui me suis trop montrée. Il y a certainement eu intimidation, tentative de corruption, voire plus. Le bouvier était jeune, il avait l’assurance de son âge et rien à perdre : je ne l’imagine pas avoir cédé, en tout cas pas facilement. A mon avis, soit il est mort, soit il s’est perdu en acceptant de partir avec de l’or. Dans tout les cas, c’est moi qui suis la cause de sa disparition. »

Hiragil

Chanteuse et conteuse dans les contrées d’Estel, je suis souvent abordée par des personnes désirant s’initier à cet art. Les discussions qui suivent, sont souvent longues avant qu’ils ne maîtrisent les bases pour s’y adonner. Aussi vais je sur ce sujet dévoiler l’utilisation de deux plugins lotro, Songbook et Lyrical, afin que chacun puisse s’en servir pour déclamer poèmes et chants ou organiser un concert.

SONGBOOK, est un plugins qui permet de choisir un morceau dans sa bibliothèque, en navigant dans des dossiers. On peut donc classer ses partitions dans différents dossiers le tout placé dans le dossier music dans Documents>lotro>music. (si vous n’avez pas de dossier music il faut le créer)
Songbook permet aussi de choisir une partition dans  les morceaux contenant plusieurs instruments et de lancer la lecture synchro en attendant le top départ du chef d’orchestre. la flèche simple lance la lecture, la flèche avec un trait à droite, lance la lecture synchro…
Pour installer songbook, dezipper le dans votre dossier plugins (à créer aussi dans votre dossier lotro si jamais il n’y est pas). Ceci va vous créer un dossier nommé Chiran dans lequel il y aura tout les fichiers notamment un ce nommant songbook.hta qui est un fichier à exécuter pour reconstruire sa bibliothèque. A chaque fois que vous ajoutez des musiques, des dossiers, changez de noms, il faut relancer cet exécutable pour reconstruire la bibliothèque.
Autre point à connaitre, de temps à autres, songbook ne se lance pas, à cause d’une corruption de fichier. Dans ce cas il faut aller dans le dossier pluginsdata>nom>allserveurs et chercher le fichier songbookdata. Une fois trouvé, jetez le. Ensuite relancer l’exécutable (Songbook.html dans le dossier plugins>chiran) pour reconstruire la bibliothèque.
Ce fichier songbookdata est un fichier créé automatiquement lors de la reconstruction de la bibliothèque ou lors d’une modif de songbook dans le jeu (paramètres, instru posés sur l’interface). A ce sujet, je ne recommande pas de mettre vos instrument dans les petites places réservées à cet effet dans l’interface songbook. C’est souvent cela qui pose problème ensuite lors d’un lancement de songbook.
Concernant les paramètres (petit boutons en bas de l’interface) vous pouvez cocher voir toutes les partitions afin de choisir la partition dans les morceaux aux multiples instruments.
Pour ouvrir songbook dans le jeu, il suffit de le charger via plugins dans l’interface de choix de perso ou dans le jeu via menu>gestion des plugins. Dés lors vous verrez (ou pas car le bouton est très discret et transparent) un bouton bleu avec une note apparaitre (souvent vers le haut à droite de votre écran). Bougez votre cam vers le ciel si vous avez des difficultés à le repérer ou regardez si des éléments de votre interface ne sont pas dessus.

LYRICAL, est un autre plugins qui permet de lancer des phrases textes. Il peut servir pour chanter ou déclamer un poème, faire une déclaration mais aussi pour lancer des emotes, macros comme par exemple  /e fait un signe discret à ;cible  qui se traduira sur le chat par « nom fait un signe discret à nom2 »
Pour l’installer, comme pour songbook, dezipper le dans votre dossier plugins. Activez le dans votre interface de perso ou en jeu. Là vous pourrez copier coller un texte ou écrire directement dans l’interface. Pour ce faire cliquez sur new (ou edit pour modifier un texte existant) et copiez ou ecrivez votre texte. Vous pouvez lui donner un titre dans la case « title » et un classement (comme une sorte de dossier) dans folder en créant un nom à cet effet que vous donnerez à chaque morceaux que vous désirez classer dedans.
Ensuite pour lancer les phrase il suffit de cliquer sur la 1ere ligne et cliquer sur le bouton en bas. Le texte lancé il passera automatiquement à la ligne suivante attendant que vous cliquiez pour être diffusé et ainsi de suite.
Comme pour songbook il arrive au plugin d’être corrompu. Mais là cela peut être plus grave. En effet le fichier Lyrical (dans le dossier pluginsdata) contient tous vos textes. Le jeter c’est effacer tout votre travail. Donc pensez à le copier et le stocker quelque part bien au chaud. Ainsi vous n’aurez qu’à remplacer le fichier corrompu par celui sauvegardé. N’oubliez pas non plus de sauvegarder vos textes dans un fichier texte à part (on ne sait jamais) afin de pouvoir les récupérer en cas de problèmes.
Vous pouvez éditer le fichier data de Lyrical en l’ouvrant. Vous y verrez vos textes si jamais vous avez besoin.

Donc rappelez vous, dans le dossier pluginsdata vous trouverez les fichiers data qui peuvent se corrompre et empêcher le plugins de fonctionner. Ils sont à jeter et a réinitialiser. Ne touchez pas aux fichiers dans plugins.

Voilà conteurs, et ménestrels, poètes ou musiciens, arrangeurs de foule ou orateurs, vous pouvez désormais vous lancer.

Le Grand Orchestre de l'Eriador

Ce mercredi 23 Janvier à Bree, toute la troupe de musiciens du Grand Orchestre ont investi la scène de Bree sur la place du Poney Fringuant. Après s’être accordés difficilement, faisant patienter la foule qui s’était réunie pour l’occasion, les musiciens firent sonner cors et tambours. L’orchestre enchaina ensuite durant deux heures des airs entrainants mélant cornemuse, flutes, théorbes et luths pour finir tard dans la soirée après un ultime rappel.

Une soirée festive à Bree, qui s’est déroulée dans la bonne humeur et la danse sans que soit rapporté un quelconque incident ou vol, ce qui est suffisamment rare en ces temps pour être souligné. L’orchestre remercie bien sur le maire de Bree de lur avoir alloué la scène et surtout le public qui a répondu présent.

Photos et article sur le blog de l’alliance

Fat Lute, le site le plus connu par la communauté musicienne de lotro, a fermé il y a quelques mois par manque de repreneur car l’ancien admin ne pouvait plus s’en charger. Mais, soucieux de ne pas priver toute la communauté ni les auteurs de leurs abc, un site sommaire regroupant toute la base de donnée est accessible. Un classement par titres de chansons et par auteurs est disponible mais pas plus. rendez vous > ici

Autre info, le site Estel-RP, regroupant la communauté rp du serveur Estel, a lui aussi fermé ses portes. Malgré une petite discussion avant la fermeture sur la possibilité de refaire un nouveau site par quelques membres, a priori rien n’est prévu pour lui succéder. A ce sujet si vous avez des infos ou  l’intention de créer un nouveau site sur la communauté rp d’Estel faites en part sur JoL, les Furets, Xapur, des sites ou des blogs actifs et visibles. En attendant, ces sites, comme le mien, ou encore Lotro.fr reprennent les events RP d’Estel donc n’hésitez pas à les informer.

Yule

le roi chêne © Daniel Eskridge

Les héritiers du Cardolan, par l’entremise d’Isaline, ont organisé une soirée conte pour clore le festival de Yule sur Estel. La soirée a réuni plus de 30 participants et auditeurs, dans une grande bâtisse de Khardar-hil. Rassemblés autour de l’âtre dans lequel de grosses bûches flambaient, nous avons partagé et écouté durant toute la soirée des contes rapportés d’endroits éloignés ou de temps reculés. Voici celui que j’ai raconté, un vieux récit de montagnards du nord.

C’était à l’aube du monde, le soleil comme la lune s’étonnaient encore de leur éveil et brillaient haut dans le ciel se disputant parfois pour y rester un peu plus longtemps. En ce temps il n’existait qu’un seul royaume mais deux rois qui chaque année s’affrontaient deux fois pour le gouverner.

Nordotar, le roi Chêne, était vif et vigoureux. Ses yeux verts pétillaient de joie et il s’attelait sans cesse à de grands projets, développant les champs, il cultivait, construisait, il adorait célébrer les mariages et accueillir les nouveaux nés. Toujours de ci de là, on le croisait partout dans son royaume chevauchant un cerf, sa couronne était de feuilles et de glands de chêne. Il portait un long bâton fait de bois de chêne bien sur.
Il aimait plus que tout la clarté du soleil et sa douce chaleur sous laquelle fleurs et plantes resplendissaient et habillaient monts et collines, plaines et champs de rouges de bleus, de jaunes et de verts.
Sous son règne, le royaume était en fête, les tables garnies avec abondance de rires et de victuailles. Tous en profitaient pour chanter, danser, jouer, récolter et s’aimer à corps perdus.
Et au milieu de cette joie on l’entendait chanter :

Viens mon aimée, marchons parmi les plaines
Voir les arbres aux allures de jeunes mariés
Regardes les branches s’enlacer
Et l’eau chanter le souvenir de la neige lointaine
Allons dans les champs mon aimée
Voir le raisin murir sous le soleil
Faisons des fleurs notre lit de merveilles
Et dévorons les fruits de notre amour semé

Eregtar, le roi Houx, était un homme sage, posé. Son regard gris était mystérieux et empli de vieux secrets. On l’appelait ainsi car il portait un manteau de loup gris et une couronne de feuille de houx ainsi qu’un long bâton fait de ce bois.
Il aimait la lumière pâle de la Lune sous laquelle il aimait rêver et penser. Sous son règne, la terre se reposait, blottie dans la nuit. Chaque être du royaume en profitait pour se retrouver avec les siens, nichés près du foyer, contant et chantant de vielles histoires, prenant soin les uns et des autres.
On l’entendait chanter quelque fois :

Rentrons mon aimé car les oiseaux
ont cessé de chanter comme le ruisseau
Allons retrouver notre doux foyer
Ecouter le feu nous conter ses secrets
Viens près de moi ma belle
que je puisse lire ce que la vie a écrit sur ton visage
Que tes lèvres pleines de vie portent en témoignage
Et profitons ensemble de ce moment éternel

Dans ce royaume il n’y avait qu’une reine, belle, majestueuse aux cheveux rouges et au regard bleu comme l’océan. Elle recueillait les esprits perdus, les orphelins, les êtres blessés, les fleurs fanées et leur donnait amour, réconfort et protection. Mais elle savait aussi donner l’ivresse, le plaisir des sens et elle enflammait les coeurs et les esprits.
Eregtar et Nordotar étaient tous deux follement amoureux d’elle. Et la reine les aimait tous deux, l’un pour sa sagesse, sa douceur, sa force paisible, l’autre pour sa vigueur, sa joie et sa folie. Ce fut elle qui décida que chaque année, par deux fois, au moment où les jours s’allongeaient et celui où les jours décroissaient que les rois s’affronteraient masqués dans une danse avec elle. La reine espiègle et connaissant l’âme de ses prétendants, savait que l’un et l’autre seraient portés la joie de voir plus longtemps la Lune ou le Soleil. Elle avait donc choisi ces deux jours où l’un serait triste de savoir qu’il perdrait bientôt ce qu’il préférait tandis que l’autre serait porté par l’allégresse de retrouver la lumière qu’il aimait. Ainsi elle connaissait l’issue de l’affrontement même s’il était toujours possible d’être surprise.

A la veille de l’été, Nordotar, porté par la joie de retrouver la chaleur du soleil et les couleurs des fleurs, transportait la reine dans une danse folle, lui faisant perdre ses esprits et s’abandonner dans ses bras. Eregtar, à chaque fois vaincu ce jour là, se transformait en un grand loup gris qui bondissait hors de l’assistance pour rejoindre la forêt tandis que les premières fleurs s’ouvraient sur son passage.
Mais à la veille de l’hiver, vêtu en noble prince, il revenait de sa retraite. Et la reine dans ses bras retrouvait la sérénité, le repos, et la douce chaleur d’un amour profond et posé, épuisée par l’extravagance du règne précédent. Nordotar, vaincu à son tour, prenait la forme d’un grand cerf, et s’enfuyait dans la forêt tandis que les pétales des fleurs tombaient en pluie sur ses pas.

On dit d’ailleurs que les flocons de neige sont un souvenir de cette pluie de fleur et que Yule célèbre la victoire d’Eregtar. C’est pourquoi chacun accroche le houx mais sans oublier le gui sous lequel on s’embrasse en pensant aux plaisirs partagés sous le règne de Nordotar.

sceau de Sharilaa

Concours de nouvelle

Voici une petite info pour les amateurs d’écriture et de Tolkien. Le Magazine Littéraire, pour la sortie de son numéro spécial Tolkien et son nouveau site consacré aux auteurs, lance un concours de nouvelles (10 000 mots) dont le thème est la découverte d’un anneau à notre époque et sa saga….
Le 3 gagnants seront publiés sur le site et recevront un recueil spécialement édité avec leur texte et en  plus le dictionnaire Tolkien que vous avez en link sur ce blog dans le livre du moment.

Pour en savoir plus : Concours 

La sauge

 

La sauge (ou salvia venant de Salvare en latin pour sauver) se décline en de très nombreuses espèces. Certaines possèdent des vertus médicinales et furent considérées comme une panacée. Toutes les civilisation l’ont utilisée, des Chinois au Amérindiens en Passant par les Grecs, les Romains ou les Egyptiens. Elle possède en effet de nombreuses qualités : bactéricide, antiseptique, antispasmodique…
Commune dans les prairies, elle fleuri entre juin et Aout. Très parfumée, elle est souvent utilisée dans les plats.
A ce sujet, elle fait parti des ingrédients pour la recette du lapin que Sam cuisine en Ithilien, le jardin du Gondor,  lors de son voyage avec Frodon accompagné de Gollum.

« … des sauges de divers sortes montraient des fleurs bleues, rouges ou vert pâle…. »
« Quelques feuilles de laurier, du thym et de la sauge feront l’affaire – avant que l’eau ne bouille- dit Sam
– Non! répondit Gollum. Sméagol n’est pas content. Et Sméagol n’aime pas les feuilles malodorantes… »

Le Seigneur des Anneaux, livre IV, chap 4

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